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Debussy, Prélude à l’après midi d’un faune, Boston Symphony Orchestra, Charles Munch (c)

By October 9, 2025No Comments

Debussy’s Prelude to the Afternoon of a Faun was premiered twice. First as concert music in 1894, then on May 29, 1912, at the Théâtre du Chatelet, as the score for a ballet choreographed and danced by Nijinsky.

This piece bridges the gap between Romantic music and Modern music. The performance below was conducted by Charles Munch, an Alsatian, French symphonic conductor and violinist. He was noted for his mastery of the French orchestral repertoire, and he was best known as music director of the Boston Symphony Orchestra.

Claude Debussy
August 22, 1862 – March 25, 1918

Claude Debussy came of age as a composer during a particularly rich period in French cultural history. Around 1887, the 25-year-old composer began attending the now legendary Tuesday-evening soirées at the apartment of his friend the Symbolist poet Stéphane Mallarmé. Regular guests included the sculptor Auguste Rodin, the Impressionist painter Claude Monet, poets Paul Verlaine and Paul Valéry, and writers such as André Gide and Marcel Proust. These associations had a lasting influence on Debussy’s music. His works were shaped by the innovations in visual arts and literature of the time—a period when formal structure took a back seat to mood, atmosphere, and color.

It was perhaps Mallarmé who exercised the greatest influence on the young composer. Debussy was quite taken with Mallarmé’s Afternoon of a Faun, a dreamy poem written in 1876 and inspired by Théodore de Banville’s pastoral play Diane of the Forest. The elaborately constructed poem is a rhapsodic monologue from the point of view of a faun, that mythological half-man, half-goat creature. In a Mediterranean valley of yore, the faun awakens from a nap in the forest on a sunlit afternoon. He tries desperately to remember a dream—or a real encounter—with a pair of amorous nymphs. As the afternoon grows warmer, the faun becomes drowsier and finally drops off to sleep, hoping to meet his elusive consorts in his dreams.

In the complex structure of Mallarmé’s poem, “an extreme sensuality, an extreme intellectuality, and an extreme musicality are combined, intermingled, and opposed,” as fellow poet Paul Valéry put it. Mallarmé’s philosophy was to suggest rather than to name objects. The hazy ambiguity of the poet’s words is magically mirrored in the fluid rhythms and tonal ambiguities of Debussy’s Prelude to the Afternoon of a Faun, composed during the years 1892 to 1894. In describing the Prelude as a free illustration of Mallarmé’s poem, Debussy said that his music sought to evoke “the successive scenes in which the longings and the desires of the faun pass in the heat of the afternoon.”

This quietly sensual score sparked a musical revolution when it premiered on December 22, 1894, at a National Society of Music concert in Paris. Nearly every aspect of this exquisitely wrought music of fragile beauty went against 19th-century musical conventions. A new fluidity of form was one of Debussy’s great contributions to modern music. In addition, the significant role that Debussy granted to instrumental color in his Prelude set it apart from all previous orchestral scores. As his great interpreter Pierre Boulez aptly noted, “The flute of Debussy’s Faune breathed new air into the art of music.”

Below is the poem by Stéphane Mallarmé. It is in very difficult French. Here is a link to a good translation:

Translation – A Faune’s Afternoon

L’après midi d’un faune

Ces nymphes, je les veux perpétuer.

Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.

Aimai-je un rêve ?

Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.

Réfléchissons..

ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison !
Que non ! par l’immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.

Ô bords siciliens d’un calme marécage
Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,

Tacite sous les fleurs d’étincelles, contez
» Que je coupais ici les creux roseaux domptés
» Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines
» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
» Ondoie une blancheur animale au repos :
» Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux,
» Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
» Ou plonge.. »

Inerte, tout brûle dans l’heure fauve
Sans marquer par quel art ensemble détala
Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :
Alors m’éveillerai-je à la ferveur première,
Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.

Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;

Mais, bast ! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :
Qui, détournant à soi le trouble de la joue
Rêve, dans un solo long, que nous amusions
La beauté d’alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
Et de faire aussi haut que l’amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses ; et, par d’idolâtres peintures,
À leur ombre enlever encore des ceintures :
Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,

Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

Ô nymphes, regonflons des souvenirs divers.
» Mon œil, trouant les joncs, dardait chaque encolure
» Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure
» Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
» Et le splendide bain de cheveux disparaît
» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
» J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries
» De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)
» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;
» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
» À ce massif, haï par l’ombrage frivole,
» De roses tarissant tout parfum au soleil,
» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.
Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse

Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
Que délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
» Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs
» Traîtresses, divisé la touffe échevelée
» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée ;
» Car, à peine j’allais cacher un rire ardent
» Sous les replis heureux d’une seule (gardant
» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
» Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,
» La petite, naïve et ne rougissant pas 🙂
» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
» Cette proie, à jamais ingrate, se délivre
» Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre.

Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront

Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :
Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;
Et notre sang, épris de qui le va saisir,
Coule pour tout l’essaim éternel du désir.
À l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte
Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :
Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus
Sur ta lave posant ses talons ingénus,
Quand tonne un somme triste ou s’épuise la flamme.
Je tiens la reine !

Ô sûr châtiment..

Non, mais l’âme

De paroles vacante et ce corps alourdi
Tard succombent au fier silence de midi :
Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,

Sur le sable altéré gisant et comme j’aime
Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !

Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins.